Les auteurs :

L'auteur : Dorothée Piatek

Dorothée Piatek est née en 1969 dans le Nord de la France. Après des études d'arts graphiques en Belgique, elle s'installe en Normandie sur la terre de Flaubert, Maupassant, Hugo… Elle a publié près d'une trentaine de livres, aux éditions du Seuil, La Martinière, Bilboquet, Vilo, Petit à Petit... 

L'illustrateur : Jérémy Moncheaux

Jérémy Moncheaux est né en 1978 dans le Nord. Avec un style sobre et mélancolique et des jeux de clairs-obscurs, il réinterprète les paysages de sa région natale. Jérémy Moncheaux vit à Lille.

Pour louer une exposition de l'artiste : 

La demoiselle de Wellington

Octobre 1916.Dans les entrailles de la terre, sous la ville d’Arras, alors qu’en surface la guerre fait rage depuis que l’Allemagne a envahi la région Nord-Pas de Calais, un commando de tunneliers Néo-zélandais engagés volontaires travaille à la réalisation d'un lieu unique au monde : la Carrière Wellington une véritable ville sous la ville.


Fin mars 1917.Alors que l’hiver mordant apporte toujours plus de souffrance aux soldats des deux camps, qui s’affrontent sur les plaines de l’Artois où il fait moins vingt-cinq degrés, canadiens, anglais, australiens et écossais  entrent dans le plus grand secret au cœur de la Carrière Wellington.Commence pour ces jeunes hommes âgés de 16 à 25 ans, rassemblés par cantonnements de 500 à 2000 soldats, une interminable attente dans ce lieu où Dortoirs, hôpital, latrines, cuisine, eau courante et électricité ont été installés afin d’assurer leur confort à la veille du plus grand assaut jamais orchestré. Objectif de l’armée Britannique : regagner du terrain et notamment la colline de Vimy, point stratégique pour l’avancer vers le chemin des dames.


9 Avril 1917.En ce lundi de pâques, à 5 h 30 du matin, la trappe numéro 10 de la carrière Wellington explose au milieu du no man’s land, l’assaut vient d’être lancé. Des escaliers taillés dans la craie par les tunneliers Néo-Zélandais s’élancent 24 000 soldats. Parmi eux, Dean Kingston, un jeune anglais de 24 ans qui vient de dessiner le portrait d'une femme sur un mur de la carrière.


Le portrait de cette femme encore visible aujourd'hui dans la carrière Wellington d'Arras.LA DEMOISELLE DE WELLINGTON, écrit par Dorothée Piatek est illustré par Jérémy Moncheaux et mis en voix par Matthieu Farcy dans la version audio du roman.

 Post-face d'Alain Jacques

Un roman de Dorothée Piatek 

Illustré par Jeremy Moncheaux

Éditions du SEUIL 


  

POST-FACE 


Comme de nombreuses villes du nord de la France, Arras a exploité à partir du XIIIème siècle, son sous-sol pour extraire la pierre calcaire. Pendant la Première Guerre mondiale, ces carrières médiévales se sont révélées être un atout majeur dans la préparation de la Bataille d’Arras, programmée pour le 9 avril 1917. 

Les troupes britanniques qui vont se relayer dans cet immense abri nous ont laissé des milliers de graffitis. Ces écrits portent témoignage de cet épisode et nous renseignent sur l’état d’esprit qui régnait en ces lieux à la veille des combats. 

Il est intéressant de noter que ces inscriptions ne révèlent aucune critique de la hiérarchie, ni même d’invectives contre l’ennemi. On peut s’étonner également de ne trouver aucun pamphlet anti-guerre dans un lieu pourtant propice où il est aisé de s’isoler dans ces kilomètres de galeries, et où l’on peut donner libre cours à ses ressentiments de façon discrète et anonyme.

Cette autocensure est d’autant plus étonnante que les troupes britanniques ne sont plus en 1917 exclusivement constituées de soldats de métier ou de volontaires de l’armée Kitchener, mais d’un nombre de plus en plus important d’appelés, depuis que la conscription a été rendue obligatoire au début de l’année 1916. Un autre point peut être souligné et a contribué considérablement à la lecture de ces inscriptions, c’est l’absence de palimpsestes sur les parois des galeries. Cette observation tend à prouver que les dizaines de milliers d’hommes qui se sont succédés dans les carrières entre 1916 et 1918 ont respecté et préservé les messages de leurs prédécesseurs, qui tentaient par ces quelques signes de laisser une trace de leur passage. 

Parmi les dessins, un portrait de jeune femme a particulièrement attiré l’attention de l’équipe de recherches, et l’apparition, dans le faisceau de la lampe électrique de ce visage gracieux, éclairé d’un léger sourire, ainsi que la discussion qui s’en est suivie, sont restées dans notre mémoire.

Qui était-elle ? 

Quel souvenir cette jeune femme avait pu laisser à ce soldat pour qu’il ressente cette envie de la dessiner ? Avait-il simplement le besoin de sentir ce regard bienveillant posé sur lui, dans ce dédale de galeries sombres et humides, conscient des épreuves qu’il devrait endurer lors de l’offensive à venir.

Avec ce roman, Dorothée Piatek nous entraîne dans son imaginaire et nous permet de retisser les liens qui unissaient cette jeune femme à l’auteur de son portrait.


Arras, le 16 novembre 2016 


Alain JACQUES,

Directeur du Service archéologique d’Arras



Merci à Isabelle Pilarowski, responsable de la carrière Wellington d’Arras, pour ses encouragements et son accueil, ainsi qu'à Alain Jacques, Directeur du Service d’archéologie de la ville d’Arras, pour son implication, ses précieux conseils historiques et ses relectures attentives.  (Dorothée Piatek)

Illustration Jeremy Moncheaux

Illustration Jeremy Moncheaux

Illustration Jeremy Moncheaux